« Quant à la terre, qu’aucune portion n’en échoie aux femmes, mais qu’elle aille toute au sexe
masculin »*. C’est en ces termes que la première loi salique, édictée par Clovis, roi des Francs saliens entre 507 et 511, écarte pour des centaines d’années les femmes du pouvoir, symbolisé
par la possession de terres constituant les « royaumes ».
Cette loi oubliée du IXe au XIVe siècles, réapparaîtra en 1358 sous pression de l’Église, puis en 1460 dans le « Grand traité anonyme de la loi salique » où le mot « terre »
sera remplacé par celui de « règne ».
En 1945 seulement les femmes acquéraient le droit de vote. Ce n’est qu’en 1999 que la Constitution française enfin modifiée « favorisera » l’égal accès des femmes et des hommes aux
mandats électoraux et fonctions électives ! Au XXIe siècle, cette « exception française », unique en Europe, continue de freiner l’accès des femmes aux plus hautes responsabilités
politiques, économiques, sociales et syndicales...
À la lumière de l’Histoire de France, on comprend mieux que le patronat qualifie de « culturelles » les inégalités subies par les femmes dans l’emploi et les salaires et qu’il justifie
leur sous représentation dans les fonctions décisionnelles. La faute à Clovis !
On comprend aussi la frilosité des gouvernements à faire appliquer les lois sur l’égalité et à préférer toujours les bonnes intentions aux actes... La nouvelle composition du Conseil
Constitutionnel est révélatrice de l’attachement tenace au « règne masculin ». Politique ou économique, le pouvoir ne se partage pas !
Le syndicalisme FO est un syndicalisme de combat et les transformations qu’il propose ont toujours remis en cause le principe d’un ordre établi. Ce qui est vrai par principe, l’est aussi dans la
lutte pour l’égalité. Les obstacles à la syndicalisation et au militantisme des femmes tiennent à la place qu’elles occupent dans l’emploi ; au peu de considération qu’on leur accorde dans
le monde économique, social et syndical ; à la difficile articulation entre engagement et responsabilités familiales tout autant qu’aux inégalités professionnelles et
salariales.
Pour FO, l’égalité est le combat de tous, pour tous, au quotidien et toute l’année. Promouvoir les droits des femmes est une exigence. Améliorer leurs conditions d’emploi, une priorité.
Reconnaître leurs compétences, une nécessité. Accroître leur syndicalisation et leur représentation à tous niveaux, une responsabilité collective. Nul ne peut s’en exonérer. Chacun doit
s’engager.
* « La France, les Femmes et le Pouvoir » Eliane Viennot Tomes 1 et 2 Edition Perrin
